Au départ, rien n’était gagné.
Le DTG avait déjà été compliqué à faire voter. La copropriété était plutôt frileuse à l’idée de s’embarquer dans une étude onéreuse, cet audit n’étant alors même pas obligatoire. Mais il a été voté.
Les résultats du DTG ont été sans appel et une chose faisait consensus : des travaux étaient nécessaires.
Faire voter ensuite une étude de conception pouvant déboucher sur un projet aussi structurant qu’une rénovation globale a nécessité beaucoup de pédagogie de communication et le soutien de l’Alec, pour faire comprendre la nécessité et les bénéfices de la démarche.
Pour partie du conseil syndical, la rénovation globale, toutefois, ne s’imposait pas comme une évidence.
« Nous ne pensions pas rencontrer autant de difficultés »
Au fil du temps, le conseil syndical a évolué.
De nouveaux membres sont arrivés, avec des profils, des sensibilités et des attentes parfois très différentes.
Concrètement, notre équipe projet était constitué de deux personnes convaincues et positives, voyant un réel intérêt dans le projet, les autres membres étant plutôt à l’écoute, certains prêts à avancer, d’autres plus opposés, pourtant compétents techniquement, mais exprimant de fortes réserves, la crainte du coût, une méfiance vis-à-vis des intervenants.
D’autres réticences ont apparu, fallait-il faire uniquement les travaux nécessaires, au fil de l’eau, ou aller plus loin avec un projet global, permettant d’accéder aux aides et à un financement structuré ? une vision différente, plutôt liée à des situations personnelles comme un projet de vente à court terme.
Nous n’étions pas contre l’idée de rénover.
Mais clairement, nous ne partagions pas tous la même vision pour avancer.
« Ce n’était pas la technique qui bloquait »
Avec le recul, les freins n’étaient ni uniquement techniques, ni uniquement financiers.
Nous n’étions pas un conseil syndical “sachant”.
C’était une première pour nous, évidemment. On découvrait en avançant.
Ce qui revenait souvent, c’était :
- la question du coût : “Combien ça va nous coûter, concrètement ?”
- une perception de prix jugés élevés, liée notamment à la localisation de la copropriété
- une confusion des rôles au sein du conseil syndical : des membres compétents techniquement, mais positionnés davantage dans une logique de contrôle que de construction collective, ce qui a parfois semé le doute au sein même du conseil syndical et freiné l’avancement du projet.
Dans ce contexte, le rôle du bureau d’études et des partenaires se devait d’être essentiel :
expliquer, vulgariser, rassurer, donner des repères quand tout paraît flou.
« Le déclic, ça a été de voir et de comprendre »
Les déclics sont venus progressivement, au fil des réunions d’explication, et des visites.
Réunions avec l’ALEC, également avec le bureau d’études et l’AMO, à travers des temps d’échanges dédiés, souvent compliqués, notre copropriété étant plutôt atypique et les perceptions différentes, nécessitant un travail de fond sur le sens et les bénéfices de la démarche, et l’intérêt de profiter des aides
L’intervention de la Caisse d’Épargne en assemblée générale, est venue heureusement compléter cette dynamique.
Un vote de travaux partiel a été obtenu (certains bâtiments n’ont pas obtenu la majorité), ce qu’une 2ᵉ AGE, 2 mois plus tard, a permis de corriger, grâce à l’aide de quelques co-propriétaires qui ont compris concrètement le fonctionnement et l’intérêt du financement, et se sont investis pour expliquer et convaincre, permettant ainsi d’obtenir le vote d’un projet au final homogène.
Les visites d’autres chantiers, notamment de Sénova, ont aussi été déterminantes.
Voir concrètement comment se déroule une rénovation ailleurs, rencontrer d’autres copropriétés déjà engagées, a permis de convaincre et donner confiance, aux copropriétaires comme aux membres du CS. Le bouche-à-oreille a ensuite fait le reste, de manière très naturelle.
Progressivement, le conseil syndical a donc évolué.
Les échanges sont alors devenus plus constructifs, et le projet a commencé à avancer plus sereinement.
« Communiquer est devenu notre priorité »
Assez vite, nous avons compris que la communication était le nerf de la guerre.
Des informations approximatives ou fausses circulaient parfois parmi les copropriétaires, entretenant les inquiétudes, alimentées par un petit front d’opposition. Il a fallu sans relâche réajuster le tir, expliquer clairement, poser les choses par écrit, via des notes diffusées à toute la copropriété.
Un groupe projet sur la base du volontariat avait été créé dès le DTG. Mais les divergences vues et d’attente des uns et des autres n’ont pas permis de l’associer au déroulement du projet autant que nous l’aurions souhaité. Trop hétérogène, il n’a pas pu vraiment tenir dans la durée.
Pendant une longue période, nous n’avons été que deux à porter le projet de manière très engagée, en lien étroit avec le syndic, dont le rôle a été déterminant pour maintenir une dynamique positive
Avec le recul, on aurait sans doute dû communiquer encore davantage.
Mais l’essentiel a été de rester solidaires et constants.
« L’équilibre s’est trouvé avec le temps »
Le projet longtemps était porté par le conseil syndical, qui a progressivement intégré des personnes motivées et constructives, à la suite de certains départs et démissions qui ont permis un renouvellement naturel du groupe.
Petit à petit, l’équilibre s’est trouvé.
Aujourd’hui, le conseil syndical est plus aligné. De nouveaux membres sont particulièrement actifs et engagés.
Il parle d’une même voix.
« Si c’était à refaire »
Bien rappeler le rôle du CS dont la responsabilité est collective.
Les désaccords sont normaux, mais entretenir la défiance fragilise tout le projet. Ce qui implique une neutralité, voire une démission, des personnes qui ne souhaiteraient pas s’inscrire dans une dynamique positive sur la durée.
Bien en amont, s’entourer de partenaires capables d’expliquer clairement le fonctionnement global du projet, ses étapes, ses aspects techniques et plus particulièrement son financement et les aides.
Il est important de bien comprendre comment fonctionne le projet et de construire une relation de confiance.
« Le conseil que je donnerais à un autre CS »
Anticiper les étapes du projet, pour le porter, et non être porté par lui.
Dans l’idéal il s’agirait de s’assurer d’un CS étant parvenu au bout du processus afin de mettre le doigt sur ce qu’il faut demander, voire exiger, des partenaires de la copropriété avant la signature des engagements. Cela permettrait d’éviter de se retrouver confronté à des situations prévisibles mais imprévues.
Chercher à comprendre ce qui bloque vraiment.
Faire intervenir les bons interlocuteurs pour expliquer et rassurer. Le financement notamment est le nerf de la guerre.
Nous avons dépensé énormément d’énergie à essayer de rallier, convaincre et rassurer des personnes très opposées.
Avec le recul, il faut idéalement pouvoir s’appuyer sur une équipe large en laquelle on a confiance et qui a envie d’avancer ensemble.
En une phrase
Ce qui fait la différence entre un conseil syndical qui patine et un conseil syndical qui avance, c’est la capacité à construire une équipe alignée, une relation saine avec les partenaires, dans l’écoute, la communication et la confiance réciproques, qui sont les maîtres-mots.
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